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Rencontre avec Priscillia Andrieu, fondatrice et présidente de Sciences Po au féminin.
 

Priscillia andrieuDiplômée de l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse en 2012, Priscillia Andrieu a d'abord été journaliste pour France 24, professeure en sciences Economiques et Sociales, chargée de mission pour la fondation Energies pour l'Afrique ou encore intervenante en sciences politiques dans des écoles de commerce. 

 

Très active dans le combat pour l'égalité des genres, la promotion des femmes et des filles, et les politiques diversité et inclusion, elle a fondé le laboratoire-conseil FOR/GE. Elle est également présidente-fondatrice de Sciences-Po au Féminin,  gestionnaire du compte instagram @la_b.a.s.e (Brigade AntiSexisme Elementaire), rédactrice de publications sur l'égalité des genres (Huffington Post, Harvard Business Review) et intervenante dans l'enseignement supérieur en sciences sociales et sur diversité et inclusion (D&I).

 

 

Pourquoi avoir fondé Sciences-Po au féminin? A quand remonte votre engagement pour la cause féministe ?

J’ai fondé Sciences-Po au Féminin pendant le lancement de mon entreprise de conseil. L’entrepreneuriat peut isoler et j’avais besoin de me rapprocher d’un réseau auquel je me sentais connectée. Naturellement, j’ai pensé à Sciences-Po : j’ai été lobbyiste, journaliste, professeure, et entrepreneure. J’ai, dans tous ces métiers, rencontré des femmes extraordinaires qui avaient fait des études similaires. J’ai donc créé un réseau qui rassemble ces femmes diplômées de toute la France, qui ont vocation à occuper des postes avec des compétences identiques. Dans un marché du travail multi sectoriel, les carrières ne sont pas linéaires : se retrouver autour de Sciences-Po permet de s’enrichir des expériences diverses de chacune et de profiter, tout au long de sa carrière, du même réseau professionnel. 

Je me suis toujours sentie féministe et, dès l’adolescence, j’ai rejoint des mouvements féministes et citoyens qui portaient mes convictions. Mais ma conscience féministe évolue et s’éveille au fil des rencontres dans les réseaux de femmes.  

 

Quel type de collaboration envisagez-vous entre Sciences-Po au féminin et l’Association BNP Paribas MixCity ?

L’objectif de Sciences-Po au Féminin est de rassembler des femmes, qui ne sont aujourd’hui pas forcément dans un réseau, et de permettre des ponts avec des réseaux desquels nous nous sentons proches. Notre ambition est de connecter nos étudiantes et diplômées avec des univers dont elles se sentiraient éloignées si elles n’étaient pas membres de notre association. 

C’est comme cela que nous avons tout naturellement approché MixCity : le secteur bancaire reste majoritairement masculinisé, surtout aux hauts postes de direction. Nous souhaitons créer un pont avec le milieu de la finance pour favoriser, à notre échelle, davantage de diversité. Nous espérons pouvoir organiser, notamment, un atelier-networking ensemble : l’occasion pour les femmes de nos réseaux respectifs de monter en compétences sur un sujet donné, et d’apprendre à se connaître et à partager leurs expériences respectives. 

 

Vous êtes la Présidente Fondatrice de FOR/GE : qu’est-ce qui vous a poussé à créer ce laboratoire conseil sur l’égalité des genres ? Quel est son impact sociétal ?

Plus je progressais dans ma carrière professionnelle, plus je touchais du doigt le fameux plafond de verre et ses discriminations systématiques. J’ai donc quitté mon précédent emploi pour créer une entreprise à mon image : accompagner la société (à travers les entreprises et les administrations) vers la prise en compte de la valeur ajoutée des femmes, des coûts liés à leur exclusion du marché du travail, et de la responsabilité sociale qu’elle a dans le changement des mentalités. 

L’impact sociétal n’est possible que si les individus prennent conscience de l’ampleur des discriminations et décident de changer leurs comportements individuels. C’est donc en passant par les comportements individuels au sein des entreprises (par la formation, le digital) que la pédagogie opère le changement... à défaut d’avoir au moins une parité dans le nombre de femmes à des postes de direction dans la gouvernance publique et privée. 

   

Vous êtes à la fois cheffe d’entreprise, fondatrice de diverses associations et engagée dans de nombreuses causes. Quel est votre secret pour orchestrer tout cela ? Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui hésitent encore à s’engager dans le monde associatif ?

Le secret pour jongler avec ses engagements est de le faire par conviction et par passion. Mais aussi, créer Sciences-Po au Féminin m’a donné une nouvelle famille : un groupe de femmes absolument merveilleuses, qui se portent les unes les autres dans la sororité, la bienveillance, et vers le progrès. Nous avons créer un univers cocon dans lequel chacune est libre d’exprimer ses opinions, se sent "empowered" à présenter ses idées, et trouve systématiquement des encouragements et du réconfort dans toutes les situations de la vie. La clé de mon engagement est donc la même que le conseil que je donnerais à toutes les femmes : rejoignez un réseau de soeurs qui vous portent ; tout sera alors possible. 

 

 

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