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Interview de Clarence Edgar Rosa, journaliste, chroniqueuse et auteure
 

Photo Clarence Edgar Rosa

 

Clarence Edgar Rosa est une journaliste, chroniqueuse et auteure, spécialisée dans les questions de féminisme, de genre et de sexualité. Clarence a travaillé pour des magazines tels que Causette ou Marie Claire. Elle est également chroniqueuse pour Radio France et enseigne à l’institut Européen de journalisme. En automne 2020, sortira le premier numéro de Gaze, la revue des regards féminins dont elle est la fondatrice.

 

  Gaze Gaze#2

« Deux fois par an, un volume de 150 à 200 pages au design léché, bilingue français-anglais pour toucher le plus grand nombre. S'y côtoieront les personnalités et les inconnues, les vieilles dames et les ados, les grandes signatures et les débutantes, toutes sur le même plan.» A découvrir ici.

 

Clarence Edgar Rosa nous a fait le plaisir de répondre à cette interview dans laquelle elle nous parle de ses projets et de son parcours…

 

  • Comment est née l’idée de créer Gaze ?

Gaze vient d’une envie de proposer une revue féministe, belle et durable, dans laquelle s’expriment une multitude de points de vue féminins en texte et en image. D’abord parce qu'en tant que femmes — mais cela concerne également les hommes — nous avons été habituées à considérer la perspective masculine comme la norme, et que nos imaginaires sont remplis de conceptions machistes du monde. Ensuite parce que la quasi-totalité des revues et magazines français sont détenues et pilotés par des hommes et qu’il est temps de proposer des alternatives ! Gaze est une revue bi-annuelle en français et en anglais, dont le premier numéro sortira à l’automne, sans publicité, qui célèbre la diversité des regards féminins.

                                                                                 

  • Pourquoi ce nom ? 

“Gaze”, en anglais, veut dire “regard”. Le choix du titre est une riposte au “male gaze”, ce regard masculin qui toise, juge et déshabille, que l’on déplore souvent au cinéma. L’idée de Gaze est de célébrer les points de vue des femmes. J’ai toujours aimé lire et voir des récits situés : dans Gaze, il y aura des reportage incarnés, des témoignages, des billets d’humeur, des portfolios de photographes qui se racontent dans leurs images, du récit intime… C’est une manière de prendre le pouls de la place qu’occupent les femmes dans la société.

 

  • Quel est votre objectif ? Quel message souhaitez-vous faire passer à travers cette revue ?

Nous avons pour ambition de donner la parole à des femmes très différentes les unes des autres et ainsi, d’ouvrir une fenêtre sur la condition féminine.

 

  • A quand remonte votre engagement féministe ?

Petite déjà j’étais profondément révoltée contre les injustices sociales (je faisais des tentatives de putsch à la maison, je me souviens d’un sitting parce qu’il me semblait injuste que les hommes restent à table pendant que les femmes s’affairaient dans la cuisine) mais bien sûr il a fallu attendre de longues années avant que cela ne se construise dans mon esprit ! C’est à l’adolescence que j’ai commencé à véritablement me poser des questions sur l’égalité de genre.

 

  • A la sortie de cette crise sanitaire, quels sont selon vous les enjeux principaux du féminisme ?

Ils sont nombreux, nous nous trouvions à un moment clé où les lignes semblaient enfin bouger juste avant la crise du Covid 19 qui a renvoyé tout le monde chez soi et a permis aux inégalités au sein des foyers de s’installer de plus belle, aux violences conjugales de redoubler et aux professions les plus féminisées (qui se trouvent être souvent les plus précaires) de trinquer. Nous sommes désormais dans un moment très important pour les droits des personnes racisées et je crois que la priorité pour le féminisme aujourd’hui est sa convergence avec la lutte contre le racisme. Prendre en compte le vécu des femmes racisées, qui sont au croisement de deux discriminations, est une urgence !

 

 

 

 

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