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Interview de Nathalie Madeline, collaboratrice BNP Paribas et auteure du livre "Bâtisseurs d'Afrique"
 

Nathalie Madeline

 

Nathalie Madeline travaille au sein de la Direction de l’Engagement dans l’équipe Coordination du Volontariat Groupe de BNP Paribas. Le monde de l’entrepreneuriat à impact social ou environnemental la passionne depuis de nombreuses années. Son premier livre « Impact & Cie. Histoires d’entrepreneurs simplement extraordinaires» retraçait 15 histoires singulières et étonnantes d’entrepreneurs, rendues possible grâce à impact investing.
Son second ouvrage, porte sur des entrepreneurs africains, onze parcours généreux et inspirants, modèles de réussites sur cette terre ou les défis démographiques, sociaux et économiques sont cruciaux. Par ailleurs, Nathalie organise des concerts de chant choral au sein de BNP Paribas. Elle est mère de 4 enfants.

 

Couverture livre     

Où se procurer Bâtisseurs d’Afrique :

- 30 exemplaires sont gracieusement offerts par la RSE du Groupe, qui en a acheté plusieurs exemplaires lorsqu’elle a eu connaissance du projet. La RSE connaît bien Investisseurs & Partenaires, BNP Paribas investit dans ce fonds à impact.  La demande est à faire auprès de Nathalie Madeline (par mail nathalie.madeline@bnpparibas.com) qui vous l’expédiera par courrier interne (aux 30 premières demandes)

- Vente en librairie ou en ligne chez l’éditeur Eyrolles ou www.fnac.com 18€

 

  • Comment vous est venue votre passion pour l’entrepreneuriat à impact social ou environnemental ?

Depuis toujours! ou presque. L’idée a pris sens peu à peu, comme pour beaucoup, surtout à la suite des réflexions depuis les années 90 sur le développement durable, le rapport Brundtland , les Conférences de l’ONU… L’idée a pris corps en moi, qu’un monde économique nouveau devenait nécessaire et souhaitable. A la fois organisé et respectueux de l’Homme.

Je sentais que l’entreprise allait porter le mouvement. Comme l’avait dit Churchill : c’est le chef d’entreprise le cheval qui tire tout le char…  

Je suis allée depuis 10 ans à la rencontre d’acteurs de cet écosystème français innovant et inspirant, à la fois par mon métier (chargée de mission RSE chez BDDF), et sur mon temps libre (mes enfants devenaient grands et j’avais plus de liberté sur mes soirées) : des financiers, incubateurs, accompagnateurs, réseaux partenaires ... J’ai pensé qu’il fallait absolument mettre en lumière ces entrepreneurs exceptionnels, donner envie de suivre ces exemples. Ce sont les héros du monde moderne. Généreux, intelligents et concrets. Ce sont eux qui vont changer le monde.

 

  • Qu’est ce qui a motivé l’écriture de "Bâtisseurs d’Afrique" ?

J’avais déjà écrit en 2018 « Impact & Cie », ce livre est un recueil de parcours d’entrepreneurs sociaux français, simplement extraordinaires, en collaboration avec la société de gestion Impact Partenaires (avec qui BDDF est très lié) qui les accompagne. L’idée est de raconter ces parcours comme des aventures de héros modernes, des histoires jonchées de chaos, sursauts, galères, combats, joies, amitiés et … réussites. En format « raconté », comme des nouvelles d’un roman. C’était une belle première aventure pour moi. Faite sur mon temps libre, et non à titre professionnel. C’était la façon d’exprimer mon engagement personnel.

L’Afrique, ce n’est pas seulement un continent que j’aime pour ses valeurs, sa force, sa saveur. En tant qu’européen, on a de telles relations de proximité avec ce continent, historiques et géographiques, qu’on se sent forcément concerné par le développement africain. « Bâtisseurs d’Afrique » est né de la même intention qu’Impact & Cie, avec en plus une double préoccupation. La première est démographique. Ces sociétés où les femmes ont quatorze enfants me semblent être des folies ! Je suis convaincue en effet, comme beaucoup, que c’est le développement qui apportera la solution démographique. La question me préoccupe beaucoup. La seconde est la fuite des cerveaux. Voir arriver en Europe les africains les mieux formés, qui préfèrent mener une carrière ici plutôt que développer leur continent me désolait … même si les choses sont en train de changer. J’en avais vu beaucoup. Je voulais valoriser ceux qui agissent dans le bon sens. Ces entrepreneurs à impact sont les piliers du développement durable, responsable et éthique. Celui qui crée les conditions d’une société plus juste. La démographie équilibrée sera le fruit de ce développement. Je me disais … « ma fille, au lieu de te lamenter sur les perspectives et de ne rien faire, essaye de faire quelque chose à ta mesure. Même si dans ton coin tu fais peu, au moins tu auras fait quelque chose ».

J’ai été proposé ce projet à Investisseurs & Partenaires, une société de gestion extraordinaire, engagée en Afrique subsaharienne pour accompagner l’entreprise aux valeurs responsables (avec qui BNP Paribas est très lié) . Ils m’ont présenté les entrepreneurs les plus formidables qui soient et j’ai raconté leur histoire…

 

  • Vous avez rencontré des hommes et des femmes entrepreneur.se.s : quelles ont été les motivations des femmes qui se sont lancées dans l’entrepreneuriat ? Ont-elles rencontré des difficultés particulières ?

Ce sont juste des héros qui se battent dans des aventures extraordinaires … avec de l’énergie, de l’ambition, de la générosité, de l’intelligence. Avec des obstacles à chaque pas, comme tout entrepreneur européen, mais là-bas avec en plus les qualités et les défauts de la société africaine. La jeunesse, la solidarité, la convivialité, les coups de pouce de l’aide au développement … mais aussi en plus des questions de faiblesse du pouvoir d’achat, de lutte contre la corruption (qui est la condition sine qua non d’un développement juste). Dans les grandes capitales, dans les milieux ouverts sur le monde, il me semble que les femmes instruites ont les mêmes possibilités que les hommes. Mais ce n’est pas la majorité des milieux. Les femmes doivent souvent être doublement courageuses pour réussir.

Avec tous ces obstacles les parcours sont encore plus beaux.  Ces héros du monde moderne, ces héroïnes, vont réussir à changer l’Afrique vous verrez…

  • Selon vous, quelle est la place des femmes dans le développement de l’économie Africaine ?

Il y a une telle diversité des situations. Il y a encore des femmes qui comme toujours traditionnellement sont les « esclaves » de leur village. Elles bêchent le lopin de terre (de plus en plus sec d’ailleurs) , elles portent les enfants sur la hanche, vendent les légumes au marché et préparent les repas de la famille pendant que les hommes discutent et mettent les pieds sous la table (!). Il y a celles qui vont à l’école et qui rêvent d’autre chose. Celles dont le rêve ne se concrétisera jamais, et celles qui peuvent espérer rêver.

Il y a une petite frange, dans les milieux aisés et ouverts, qui a accès à l’éducation supérieure. Parmi celles-ci, celles qui peuvent et qui vont changer le monde. Dans « Bâtisseurs d’Afrique » il y a notamment Mieja, à Madagascar, qui bâtit une entreprise de distribution d’aliments enrichis pour les bébés des quartiers populaires (bidonvilles) avec un coût abordable et pourtant un modèle économique viable. Il y a Khadidiatou, à Dakar, qui construit un réseau de cliniques et maternités aux standards sanitaires occidentaux et avec un accueil chaleureux, accessibles financièrement au plus grand nombre.

 

  • Avec 27% de femmes entrepreuneures, l’Afrique détient le record du monde d’entrepreneuriat au féminin (source : Women In Africa).  Quelles sont selon vous, les prochains enjeux concernant les femmes en Afrique ?

Il y a de tout en matière d’entrepreneuriat africain : les femmes qui ouvrent un commerce ou un atelier de couture avec l’aide du micro-crédit, ou celles qui créent des entreprises innovantes à potentiel. L’esprit est le même ! La force nécessaire est à la mesure des circonstances. Mais l’impact n’est pas le même.  Le point clef, bien sûr, c’est l’éducation. L’école, l’université.

 

 

 

 

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